Gérer l'hétérogénéité des élèves
Les élèves sont différents par leurs acquis, leur comportement, leur rythme de travail, leurs intérêts, leur profil pédagogique.
L'enseignant, face à cette situation hétérogène, ne peut apporter qu'une réponse hétérogène.
Les processus d'apprentissage sont au centre de toute pédagogie : le rôle de l'enseignant est de proposer, observer et réguler les activités des élèves.
Pour cela, il doit choisir les méthodes pédagogiques qui lui paraissent le mieux appropriées pour atteindre les objectifs fixés.
Dossier: Gérer l'hétérogénéité des élèves, par Cédric Serres
Il faut donc être capable de :
- mettre en place des activités permettant de différencier des séances pour chaque discipline
- Gérer la communication écrite:
- http://marelle.org/sommaire/?wiki=Communication_%28suite%29
- créer les conditions d'exercice d'une parole sécurisée, source d'expression de soi mais vecteur d'apprentissages
- d'avoir des attitudes favorisant l'égalité de parole, le respect mutuel, l'empathie.
- Reconnaitre les divers rythmes de chaque enfant: le tutorat en classe
- Attitudes favorisant un climat de sécurité.
- Attitudes favorisant l'entraide et la coopération
exemple:
- Gérer l'espace: http://marelle.org/sommaire/?wiki=Espace_%28suite%29
- Gérer le temps: http://marelle.org/sommaire/?wiki=Temps
exemple d'emploi du temps d'une classe coopérative de cycle 3
- Gérer la circulation dans la classe et l'école: http://marelle.org/circulation/
Une journée en classe unique:
http://marelle.org/sommaire/?wiki=H%E9t%E9rog%E9n%E9it%E9_classe
L'hétérogénéité des âges fait peur mais peut être un grand atout.: Voir article
Lire l'intégralité de l'article.
Voici quelques outils, éprouvés depuis plus de 50 ans.
1.Les plans de travail
Peut-on se passer des manuels scolaires grâce au plan de travail ?
ou comment permettre à l'enfant de devenir autonome dans ses apprentissages.
un exemple de plan de travail en maternelle
un exemple de plan travail en cycle 2
un exemple de plan de travail en cycle 3
échange sur le thème: plan de travail et travail en équipe
2.Les fichiers autocorrectifs: cliquez sur ce titre
ou comment permettre à l'enfant de progresser à son rythme, tout en se responsabilisant dans la gestion de son travail
3. Les outils de travail individualisé: cliquez sur ce titre
ex: La lecture autonome en cycle 2

4.

Réussir à apprendre est indissociable de l'estime de soi.
Ecoutez l'entretien de Gaëtanne Chapelle,professeure en psychologie de l'Education.
http://www.france-info.com/chroniques-le-chemin-de-l-ecole-2009-11-30-comment-apprend-on-375190-9-43.html#
Réussir à apprendre

Le quotidien des enseignants, c'est la diversité des élèves. Avecpour tous le même objectif : réussir à apprendre. Le paradoxe del'enseignement est là. Les élèves sont différents et, pourtant,l'enseignant se doit d'avoir, pour tous, la même ambition : lesaccompagner au plus loin sur les chemins de l'apprentissage. Cettemission ne s'apparente-t-elle pas à une tâche insurmontable ? Sansnaïveté sur les difficultés que cela représente, cet ouvrage offre parses différentes contributions, appuyées sur la recherche scientifiqueinternationale, une réflexion sur la meilleure manière de faire surmonter aux élèves les obstacles qui surviennent.
La premièrepartie interroge la manière de prévenir les difficultés d'apprentissage des élèves, en analysant ce qui emporte parfois l'élève dans unespirale de l'échec, et quelles pratiques d'enseignement pourraientl'éviter. En posant également le problème des publics défavorisés oudifficiles. La deuxième partie se penche sur les obstacles les plusfréquents, ceux propres à l'élève, sa motivation, sa gestion desrelations sociales en classe, mais aussi les obstacles contenus dansles disciplines de base : lire, écrire, compter. Quant à la troisièmepartie, elle aborde la question des besoins spécifiques de certainsélèves : élèves issus de familles migrantes, élèves à haut potentiel,mais aussi souffrant de handicap (autisme, surdité) ou de troublesd'apprentissage. Pour tous, il s'agit de mieux les connaître etd'envisager comment le système scolaire peut leur faire atteindre lemême objectif qu'aux autres : réussir à apprendre.
A propos des auteurs
Gaëtane Chapelle, professeur invitée en Psychologie del'éducation à l'Université de Louvain, et formatrice à Changements pourl'égalité, Mouvement socio-pédagogique. Elle a publié Apprendre et faire apprendre, dirigé avec Étienne Bourgeois, Améliorer l'école, dirigé avec Denis Meuret et Enseigner, dirigé avec Vincent Dupriez, tous parus dans la collection « Apprendre », aux PUF.
MarcelCrahay, professeur en Psychologie de l'éducation à l'Université deLiège et l'Université de Genève, directeur du laboratoireDéveloppement, apprentissage et intervention en situation scolaire. Ila publié de nombreux articles et ouvrages dont Peut-on lutter contre l'échec scolaire ? (De Boeck, 2007).
Avecles contributions de Pierre Barrouillet, Catherine Blaya, ThérèseBouffard, Sylvie Cèbe, Gaëtane Chapelle, Cyril Courtin, Marcel Crahay,Marion Dutrévis, Michel Fayol, Jean Émile Gombert, Jacques Grégoire,Catherine Martinet, Greta Pelgrims, Christiane Perregaux, ChristinePhilip, Nancie Rouleau, Liliane Sprenger-Charolles, Catherine Thévenot,Martial Van der Linden.
5. Le travail en projets
6. Le conseil d'enfants:
Récompenses et motivation
Doit-on récompenser les élèves pour les motiver à apprendre ?
Voir l'étude de Jean ARCHAMBAULT et RochCHOUINARD.[1]
Pour les plus petits, la motivation semble plus difficile à développer, elle est en totale construction. Pourtant, desenfants petits peuvent être intéressés pour eux-mêmes.
La monnaie, les ceintures et autres sont tous des éléments de motivations extrinsèques. Dans quelle mesure peut-on avoirun impact sur la motivation intrinsèque des enfants ? Quoi qu'on mette enplace, on est sur le registre de la quête motivationnelle. La motivationn'est-elle pas que dans la tête des adultes ? Dans quelle morale sommes-nous ?
Les enfants qui savent recevoir une récompense promise s'avèrent moins motivés une fois l'activité terminée.
Plus les enfants évoluent dans la classe,plus ils s'entraident. Les motivations extrinsèques risquent d'aller à l'encontre de cet élan.
Quelle pédagogie pour quelle société ? C'est souvent le résultat qui compte mais on n'est pas toujours dans unepédagogie de projet. Le savoir émancipateur peut en soit être une récompense.Le travail n'est pas une valeur, on s'en sert pour accéder à d'autres valeurs.On peut ne pas travailler pour mieux travailler plus tard.
Souvent les enfants sont dans desdispositions de compétitions, de comparaisons.
Ce qui peut poser problème, c'est que les enfants travaillent pour leur enseignant ou pour leurs parents. Il y a beaucoup d'affectif, la monnaie intérieure peut être un intermédiaire, un médiateur.
En tant qu'enseignant, est-ce que je travaillerais si je n'étais pas payé ? Mais même sans être payé, il peut y avoir unplaisir aux apprentissages.
La paye n'est pas une récompense, c'est unobjet transitionnel, un dû, le résultat normal d'un travail accompli. Pour certains enfants qui ne font quasiment rien de leurs journées scolaires, le recours à cet élément symbolique peut les mettre au boulot. Ce qui est del'ordre du plaisir n'est pas rémunéré. C'est essentiellement le travail. Lamonnaie permet de se dédouaner par du symbolique de toutes les punitions tellesque les lignes, les humiliations ou les privations de récré.
En quoi la monnaie peut-elle devenir unerécompense, en quoi ne l'est-elle pas ?
Comment arriver à un système sans récompense ? Comment développer les motivations intrinsèques si on ne lesmet en situation de ressentir leurs besoins ?
Doit-on récompenser les élèves pour les motiver à apprendre ?
Jean ARCHAMBAULT et Roch CHOUINARD[2]
Récompenser les efforts des élèves pour apprendre est une pratique ancestrale. Elle a été re dynamisée avec l'arrivée du béhaviorisme qui pose que le comportement est motivé par des renforcements.Cela provient à l'origine des « systèmes d'économie de jetons »utilisés dans les hôpitaux psychiatriques et les pénitenciers. Ces systèmes demandent un travail constant pour être efficaces.
Les enseignants utilisent ces récompenses plus pour contrôler leurs élèves que pour les informer de leurs progrès. Souvent, les comportements et les situations sont mal définies, les renforçateurs trop éloignés des comportements pour avoirun effet quelconque.
Plusieurs chercheurs ont émis des doutes sur la pertinence d'utilisation des récompenses pour motiver les élèves. Il s'avère même que l'octroi de récompenses peut avoirdes effets négatifs sur la motivation intrinsèque des élèves. Celle-ci correspond à l'exercice d'une activité pour la satisfaction et le plaisir qu'on y trouve et non pour l'atteinte d'un résultat externe. Lorsqu'une récompense extrinsèque est associée à une activité pour laquelle l'apprenant est déjàmotivé intrinsèquement, la raison intrinsèque est occultée par la récompense.
DECI, KOESTNER et RYAN (1999) ont montré que l'effetdes récompenses en classe dépend largement de l'âge des élèves, de la nature des récompenses et du contexte de leur utilisation : le renforcement verbal donné aux élèves afin de les informer sur le développement de leurs compétences produit un effet positif sur la motivation intrinsèque desadolescents, mais aucune sur celle des enfants. Le renforcement verbal visant le contrôle des élèves aurait des effets négatifs pour tous. Les récompenses matérielles distribuées de manière imprévisible auraient peu d'effet alors que celles plus prévisibles auraient un effet plus négatif sur les niveauxd'intérêt. Les récompenses attribuées sur la base de l'engagement et de laqualité de la performance auraient des effets négatifs, les plus dommageablesétant celles données à quelques élèves seulement sur la base de leurperformance supérieure à celle des autres.
Le laps de temps entre la réalisation et la récompense n'affecterait pas les effets. L'octroi de récompenses aurait des effets négatifs uniquement lorsque l'activité faisant l'objet d'une récompense est intéressante. Pour des activités ennuyeuses, iln'y a pas augmentation de la motivation intrinsèque.
Les récompenses nuisent donc peu à la motivation intrinsèque lorsque celle-ci est inexistante ou peu élevée. Lorsqu'elles sont annoncées par l'enseignant ou utilisées pour contrôler les élèves, les récompenses affectent négativement la motivation intrinsèque. Offrir des récompenses pour inciter à effectuer une tâche scolaire peut donc apparaître comme une pratique pédagogique contre-productive. Cela peut être utile pour faire plaisir, créer un climat de classe agréable ou souligner des progrès.
Que faire alors ? Le modèle CLASSE contient six dimensions susceptibles de soutenir la motivation à apprendre des élèves :
- C ® conceptions de l'enseignant : transmettre aux élèves une conception de la réussite basée sur le dépassement de soi et l'atteinte d'objectifs personnels, faire la promotion de l'effort et des stratégies d'apprentissage.
- L ® latitude accordée aux élèves : associer à la différenciation pédagogique la question des choix dans les activités.
- A ® ambiance de la classe : installation et maintien dans la classe de conditions propices à l'apprentissage et l'enseignement.
- S ® situations d'apprentissage : définir ses attentes, montrer comment faire, situer les élèves par rapport à leurs domainesde maîtrise, faire voir l'intérêt des apprentissages, proposer des situationsde travail signifiantes, larges, ouvertes, complexes et invitant tout le mondeà participer.
- S ® soutien : donner à tous la chance de recevoir du renforcement, reconnaître les efforts et les progrès, valoriser l'entraide.
- E ® évaluation : elle doit être une aide auxapprentissages. Elle porte sur les progrès individuels, est personnalisée,offre la possibilité de s'améliorer et évite d'être anxiogène.
[1] In GALAND B. et BOUGEOISE., « Se motiver à apprendre », PUF, 2006, pp 135 - 144
[2] In GALAND B. et BOUGEOISE., « Se motiver à apprendre », PUF, 2006, pp 135 - 144


