Présentation de la pédagogie coopérative

Sommaire:

1. Les invariants pédagogiques, par Célestin Freinet
2. Les buts de la Pédagogie Freinet
3. Les propositions de la pédagogie coopérative, par Nicolas Go
4. Citoyenneté et pédagogie coopérative, par Jean-François Vincent
5. Le point de vue de la pédagogie Freinet
6. A quoi reconnaît-on une classe Freinet ?
7. Le point de vue de la pédagogie institutionnelle


Les invariants pédagogiques

par Célestin Freinet en 1964.

...C'est une nouvelle gamme des valeurs scolaires que nous voudrions ici nous appliquer à établir, sans autre parti-pris que nos préoccupations de recherche de la vérité, à la lumière de l'expérience et du bon sens. Sur la base de ces principes que nous tiendrons pour invariants, donc inattaquables et sûrs, nous voudrions réaliser une sorte de Code pédagogique ...

Invariant n°1   L'enfant est de la même nature que nous.
Invariant n° 2   Etre plus grand ne signifie pas forcément être au-dessus des autres.
Invariant n° 3   Le comportement scolaire d'un enfant est fonction de son état physiologique, organique et constitutionnel.
Invariant n° 4   Nul - l'enfant pas plus que l'adulte - n'aime être commandé d'autorité.
Invariant n° 5   Nul n'aime s'aligner, parce que s'aligner, c'est obéir passivement à un ordre extérieur.
Invariant n° 6   Nul n'aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C'est la contrainte qui est paralysante.
Invariant n° 7   Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n'est pas avantageux.
Invariant n° 8   Nul n'aime tourner à vide, agir en robot, c'est-à-dire faire des actes, se plier à des pensées qui sont inscrites dans des mécaniques auxquelles il ne participe pas.
Invariant n° 9   Il nous faut motiver le travail.
Invariant n° 10   Plus de scolastique.
Invariant10 bis   Tout individu veut réussir. L'échec est inhibiteur, destructeur de l'allant et de l'enthousiasme.
Invariant10 ter   Ce n'est pas le jeu qui est naturel à l'enfant, mais le travail.
Invariant n° 11   La voie normale de l'acquisition n'est nullement l'observation, l'explication et la démonstration, processus essentiel de l'Ecole, mais le Tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle.
Invariant n° 12   La mémoire, dont l'Ecole fait tant de cas, n'est valable et précieuse que lorsqu'elle est vraiment au service de la vie
Invariant n° 13   Les acquisitions ne se font pas comme l'on croit parfois, par l'étude des règles et des lois, mais par l'expérience. Etudier d'abord ces règles et ces lois, en français, en art, en mathématiques, en sciences, c'est placer la charrue devant les boeufs.
Invariant n° 14   L'intelligence n'est pas, comme l'enseigne la scolastique, une faculté spécifique fonctionnant comme en circuit fermé, indépendamment des autres éléments vitaux de l'individu
Invariant n° 15   L'Ecole ne cultive qu'une forme abstraite d'intelligence, qui agit, hors de la réalité vivante, par le truchement de mots et d'idées fixées par la mémoire.
Invariant n° 16   L'enfant n'aime pas écouter une leçon ex cathedra
Invariant n° 17   L'enfant ne se fatigue pas à faire un travail qui est dans la ligne de sa vie, qui lui est pour ainsi dire fonctionnel.
Invariant n° 18   Personne, ni enfant ni adulte, n'aime le contrôle et la sanction qui sont toujours considérés comme une atteinte à sa dignité, surtout lorsqu'ils s'exercent en public.
Invariant n° 19   Les notes et les classements sont toujours une erreur
Invariant n° 20   Parlez le moins possible
Invariant n° 21   L'enfant n'aime pas le travail de troupeau auquel l'individu doit se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d'équipe au sein d'une communauté coopérative
Invariant n° 22   L'ordre et la discipline sont nécessaires en classe.
Invariant n° 23   Les punitions sont toujours une erreur. Elles sont humiliantes pour tous et n'aboutissent jamais au but recherché. Elles sont tout au plus un pis-aller.
Invariant n° 24   La vie nouvelle de l'Ecole suppose la coopération scolaire, c'est-à-dire la gestion par les usagers, l'éducateur compris, de la vie et du travail scolaire.
Invariant n° 25   La surcharge des classes est toujours une erreur pédagogique.
Invariant n° 26   La conception actuelle des grands ensembles scolaires aboutit à l'anonymat des maîtres et des élèves; elle est, de ce fait, toujours une erreur et une entrave.
Invariant n° 27   On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l'Ecole. Un régime autoritaire à l'Ecole ne saurait être formateur de citoyens démocrates.
Invariant n° 28   On ne peut éduquer que dans la dignité. Respecter les enfants, ceux-ci devant respecter leurs maîtres est une des premières conditions de la rénovation de l'Ecole
Invariant n° 29   L'opposition de la réaction pédagogique, élément de la réaction sociale et politique est aussi un invariant avec lequel nous aurons, hélas! à compter sans que nous puissions nous-mêmes l'éviter ou le corriger.
Invariant n° 30   Il y a un invariant aussi qui justifie tous nos tâtonnements et authentifie notre action: c'est l'optimiste espoir en la vie.

Les buts de la pédagogie Freinet

Pour Nicolas Go, Dr en philosophie et sciences de l'éducation,la pédagogie coopérative est un levier dans une école malmenée.


Qu'est-ce qui va mal selon vous dans l'école publique ?

C'est l'idée selon laquelle l'élève est ignorant et doit recevoir la connaissance de celui qui sait. Nous contestons toute l'organisation qui repose sur ce principe qui fétichise le savoir et transforme l'élève en réceptacle. Et quoiqu'en disent les travaux de recherche, la réalité de la classe reste le professeur qui arrive avec une leçon et demande aux élèves d'entrer dans sa logique d'enseignement. L'élève doit se soumettre à l'expertise du professeur, aux objectifs, à la démarche qu'il a délimités en fonction des programmes et du savoir attendu.

Que proposez-vous ?


De rendre l'élève en situation d'élaborer ses propres tâches et problèmes. Pour que ce soit possible, il faut deux choses : créer dans la classe un milieu coopératif de mutualisation des savoirs où l'on supprime la soumission, on transforme le rapport autorité discipline en un rapport de travail émancipateur. Deuxième chose : l'attention portée à la force créatrice du désir, qui motive l'action, les gestes, la pensée, l'activité. C'est l'élan de vie. On considère dans la pédagogie coopérative que ce désir est moteur d'apprentissage.

Comment ?

On souhaite restituer le rapport désir-créativité, pas seulement pour les activités artistiques mais aussi dans les mathématiques. Le désir provoque chez l'enfant la fonction imaginaire, l'amitié entre les enfants. Aujourd'hui, le système est inadéquat, les enfants souffrent. La principale errance de notre société est l'incapacité de se réjouir de vivre. Un des enjeux est de rendre à l'enfant sa capacité de rire, de trouver les conditions, quelles que soient les circonstances pour qu'il exerce sa puissance créatrice. Ce n'est pas de la morale, de la dénégation, mais une position de sagesse. C'est aussi une technique de travail, une manière de faire.

Paru dans Ouest France, le 9 mars 2010


Citoyenneté et pédagogie coopérative
par Jean-François Vincent, ex-président de l'OCCE


On aurait tort de réduire l'OCCE, l'Office Central de la Coopération à l'Ecole, à une affaire de gestion régularisée de la coopérative de l'école. C'est d'éducation que se préoccupe l'OCCE, grâce à la promotion d'une véritable pédagogie coopérative.

L'exercice de la citoyenne ne saurait s'apprendre de façon théorique. Il nécessite la mise en œuvre de principes pédagogiques reconnaissant l'enfant comme un individu à part entière et s'appuyant sur les principes fondamentaux de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et des droits de l'enfant.

La pédagogie coopérative, au travers des structures qu'elle institue, des pratiques pédagogiques qu'elle met en œuvre et du tissu relationnel sur lequel elle s'appuie permettra à l'enfant d'exercer activement sa vie civique.

La pédagogie coopérative change le statut de l'enfant et de l'adulte

Pour rendre les élèves responsables et acteurs dans tous les aspects de la vie de l'école, et pour ne pas en rester aux mots et aux idées générales, la classe coopérative s'appuie sur un certain nombre de pratiques pédagogiques et de structures visant à déléguer réellement aux élèves une partie du pouvoir et des responsabilités de l'enseignant.

"Un homme libre ne doit rien apprendre en esclave."(Platon)

A titre d'exemple, citons:
    • le conseil de coopérative et son bureau
    • les rôles
    • Les contrats et plans de travail
    • les fichiers de travail autonome
    • la correspondance scolaire
    • le journal de classe ou d'école
    • les règles de vie de la classe
    • la gestion des moyens financiers
    • le tutorat et l'entraide
    • le travail de groupe
    • l'évaluation formatrice, la co-évaluation ou l'auto-évaluation...
Dans une classe coopérative, tous les citoyens de la " société-classe," sont responsables, au niveau qui est le leur (en fonction de l'âge, de l'expérience, de la maturité ... ) de la vie de la classe en général et de l'émancipation de chacun de ses membres.

Ce n'est pas au maître, au directeur ou aux parents de résoudre le problème, de gérer le conflit ou l'échec scolaire, mais c'est au contraire avant tout au groupe a envisager des réponses aux questions qui se posent:  
    • Que peut-on faire pour aider tel élève dans telle discipline ?
    • Comment améliorer les relations dans la classe ?
    • Que faire quand on a fini son travail ?
    • Comment se procurer l'argent pour notre projet de classe transplantée?
    • Comment intervenir dans une bagarre ou un conflit verbal ?
    • Que faire quand un membre du groupe gêne les autres ?
    • Comment aider un camarade à apprendre une leçon?
    • Quelles sanctions en cas de non respect des règles de vie ?...
... autant de questions, de situations-problèmes en prise directe sur la vie de la classe qui, analysées collectivement, permettront l'élaboration de nouvelles règles, la création de nouvelles structures ressenties comme nécessaires au bon fonctionnement de la classe et à la réussite de chacun.

La pédagogie coopérative modifie les relations dans l'apprentissage

Le respect, la solidarité, l'entraide, sont les notions essentielles de la pédagogie coopérative.

Dans une classe coopérative, quelle que soit la nature du "projet" (apprendre à lire, à compter, préparer une exposition ou une classe transplantée ... ), l'essentiel ne réside pas dans les performances individuelles, mais dans la réussite de tous grâce au travail de chacun.

Concrètement dans une classe coopérative, il existe des "lois inaugurales" (instituées par l'enseignant dès le début d'année) explicites, affichées et connues qui vont créer le "climat" et modifier les relations au sein de la classe.

Quelques lois inaugurales pour " créer le climat" :
    • Dans la classe sont reconnus le droit, l'erreur, le droit au doute, 1e droit à l'oubli ou au non savoir et le devoir d'écoute.
    • Les élèves ont le droit, chaque fois que la nécessité se présente, de se faire aider par un ou plusieurs camarades et le devoir de secourir un camarade en difficulté.
    • "Construire une société fraternelle où le développement de chacun ne s'effectue pas au détriment des autres mais vise à la promotion de tous." (Phlippe Meirieu)
    • La réussite de chacun est l'affaire de tous et pas seulement celle des adultes
    • Il est obligatoire de porter secours à un camarade en difficulté, que celle ci soit affective, physique, relationnelle ou intellectuelle.
    • "Apprendre avec les autres, par les autres et pour les autres et non pas seul contre les autres (André de Peretti)
    • Toutes les décisions se prennent avec l'ensemble du groupe réuni en conseil de coopérative, celui-ci pouvant se réunir à n'importe quel moment en cas d'urgence.
Une autre loi, pédagogique celle ci, fondamentale dans le cadre de la formation du citoyen-élève, sous-entend que dans une classe coopérative, les apprentissages (cognitifs, relationnels, moteurs...) se construisent activement en coopération, en interaction autour de situations-problèmes et pas uniquement individuellement en compétition avec les autres.

La classe coopérative institue des règles

Dans une classe coopérative, les règles de vie s'élaborent progressivement en réponse aux problèmes rencontrés. Elles instituent un cadre de référence qui permet la bonne marche du groupe ou du projet. Co-construites par le maître et les élèves dans le respect de tous les points de vue, de toutes les différences, élaborées grâce à l'argumentation, elles sont évolutives.

Ces règles créées, adoptées, modifiées sont " assimilées" et ont valeur de loi, car sont elles deviennent la propriété commune de la classe.

"La classe est le lieu d'émergence de la Loi et non pas le lieu d'application des règlements." (Michel Develay)

L'enfant, placé dans cette situation de communication authentique, vit la démocratie grâce à ces règles qui fondent un cadre institutionnel ouvert sur l'environnement proche de la vie réelle.

Quelques règles pour établir des règles :
    • identifier clairement le problème posé (conflit comportement travail) ;
    • rechercher toutes les solutions possibles avec, si nécessaire, un temps de réflexion Individuelle ou en petits groupes;
    • évaluer ensemble toutes les solutions proposées : présentation des propositions, débats avec argumentation et critique;
    • choisir la solution la plus acceptable par un vote ; l'article est rédigé en commun, puis mis à l'essai; expliquer clairement le détail de la décision prise;
    • établir les critères qui permettront de juger du résultat;
    • définir les engagements individuels et collectifs de respect des décisions; effectuer une évaluation lors d'une prochaine réunion. 
  • La classe coopérative s'appuie sur une structure démocratique

Le conseil de coopérative assume les trois pouvoirs de l'organisation démocratique :
    • pouvoir législatif : il établit les lois et règlements qui vont organiser la vie de la classe ou de l'école;
    • pouvoir exécutif: instance de régulation, c'est lui qui attribue les responsabilités, vérifie l'application des décisions, prend les mesure nécessaires à la bonne marche de 1a classe;
    • pouvoir judiciaire: il analyse les problèmes rencontrés, prononce des sanctions.
Institution essentielle de la pédagogie coopérative, c'est le lieu où les élèves et les enseignants organisent les activités de la classe, la vie du groupe et gèrent l'entreprise classe.

La fréquence des conseils, les conditions de fonctionnement, les contenus abordés, les rôles des conseils sont très variables d'une classe à l'autre.

On peut cependant dégager certaines permanences dans les ordres du jour et les sujets traités:
    • organisation et évaluation du travail et des activités de la classe,
    • évaluation des rôles et des responsabilités;
    • élaboration des règles de vie, régulation des conflits et relations dans la classe;
    • gestion financière des projets...
Pour conclure

La coopération est un levier pour la démocratie.

Apprendre "en coopération", c'est essentiel de le rappeler, n'est pas pour nous, militants de la pédagogie coopérative, une fin en soi, mais la condition pour installer le débat d'idées, le conflit de pensée, la contractualisation des rapports entre partenaires, afin de favoriser l'émergence de la loi qui, par delà les points de vue personnels, institue ce que Michel Develay nomme "une éthique de l'altérité approuvée".

Apprendre à nos élèves à vivre ensemble en leur permettant d'exercer activement de véritables responsabilités dans le cadre de 1'institutiondémocratique d'une classe coopérative, c'est les préparer à exercer leurs droits et à respecter leurs obligations de citoyens libres dans une démocratie moderne.

Le point de vue de la Pédagogie Freinet

La Pédagogie Freinet répond à une conception d'Education humaniste.

Elle s'inscrit dans une démarche naturelle d'apprentissages, par tâtonnement expérimental et permet à chaque enfant de développer sa puissance de vie, dans un milieu coopératif.Cette démarche pédagogique tend à placer l'enfant, quelque soit sa culture,en situation d'auteur, capable de développer une plus grande autonomie et une affirmation de ses savoirs et savoir-faire.

Les enseignants tententde résister aux visées libérales du capitalisme sur l'éducation.
La compétition, la marchandisation des savoirs, l'individualisme, le déni de l'humain font place à l'entraide, la mutualisation des savoirs, la coopération et la relation.
 

Des pratiques pédagogiques

  • Un travail créateur, facteur d'épanouissement personnel, associé au travail autonome, respectant les rythmes et capacités de chacun.
  • Des centres d'intérêt où chacun pourra faire valoir ses besoins et ses désirs.
  • Des situations d'apprentissages authentiques portées par la coopération, le respect mutuel, la solidarité et la confiance permettant :
    • l'expression libre
    • le travail personnalisé (fichiers auto-correctifs, travail planifié, évaluation formatrice « brevets »)
    • la recherche, la méthode naturelle d'apprentissage, le tâtonnement expérimental.
    • le conseil coopératif de classe ou/et d'école pour élaborer les projets, les règles de vie et réguler les conflits.
    • la communication : entretiens, débats, conférences, journal, correspondances.
    • la découverte du monde : avec des visites, des voyages-échanges, des classes de découvertes, l'accueil de personnes ressources...
    • la libre circulation au sein de la classe et de l'école dans le respect des règles de vie communes
Pour en savoir plus.



A quoi reconnaît-on une classe Freinet?



Le point de vue de la pédagogie Institutionnelle


L'école ne souffre pas d'un manque de méthodes pertinentes mais de la difficulté à gérer l'incontournable hétérogénéité des comportements, des investissements et donc des capacités
socio affectives autant qu'intellectuelles et scolaires des élèves.
Qu'on le nie ou qu'on l'ignore, la pédagogie ne se réduit pas aux méthodes d'apprentissage. La pédagogie, c'est aussi ce qui se passe quotidiennement dans la classe, en fonction de son organisation, de sa gestion des relations, des conflits, des interdits, de l'équilibre des échanges matériels, affectifs et
intellectuels, toutes choses déterminant l'état de santé psychologique du milieu.
Cette santé psychologique influe autant sur les apprentissages que les méthodes elles-mêmes pour la bonne et simple raison qu'elle influe surtout sur la mobilisation, l'implication des enfants et du groupe, sans laquelle toute méthode pédagogique reste impuissante. Bref, qu'on le nie ou qu'on l'ignore, la didactique est à la pédagogie ce que la technique chirurgicale en tant que telle est à
l'asepsie.
La Pédagogie Institutionnelle, fondée par Fernand Oury et Aïda Vasquez, continuée aujourd'hui par de multiples groupes de travail qui produisent à partir de leur expérience de classes coopératives des stages de formation et des livres, n'est qu'un ensemble non clos de réponses possibles à ce genre de problèmes.
Ce n'est pas une méthode : elle s'accommode de toutes les méthodes qui peuvent apprendre à la fois à lire, à écrire, à compter et à grandir, c'est-à-dire à apprendre sans en devenir idiots.
Elle ne date pas d'aujourd'hui, c'est une nouveauté qui date des années 50.

                                 
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