Textes, analyses et conseils
.. par exemple pour la lecture...
On ne le répétera jamais assez, sans une étroite collaboration entre enseignants et parents, les apprentissages ne se font pas aisément pour tous. Enseignants et parents sont parties complémentaires du système éducatif, qui ne doivent être ni divergentes,ni conflictuelles ni cloisonnées, comme c'est trop souvent le cas. Maiscollaboration ne veut pas dire répétition : les parents n'ont pas à se considérer comme des répétiteurs du travail scolaire. La relation qui les unit à l'école n'est ni concurrence, ni dépendance. C'est une relation de complémentarité, où chacun a sa spécificité : pas plus que l'enseignant n'a à se substituer aux parents, ni à jouer leur rôle, les parents n'ont à faire la classe à la maison. Leur tâche est pourtant essentielle et irremplaçable. Elle apparaît à deux niveaux :
- avant l'école et indépendamment de celle-ci ;
- par rapport au travail scolaire .
L'aide à la réussite en dehors de l'école
Il est certain que bien avant d'aller à l'école, la réussite scolaire est largement mise en place par la manièrede vivre à la maison, surtout en ce qui concerne l'apprentissage de l'écrit.
Deux facteurs sont ici prépondérants : le milieu où l'enfant évolue avec les contenus d'imprégnation qu'il reçoit, et le réseau de relations positives et négatives qui tissent sa vie affective.
Pour la lecture, par exemple, qui reste un des lieux essentiels dela réussite scolaire, la manière dont la « chose écrite » est reçue à la maison détermine en grande partie la façon de la recevoir pour l'enfant. S'il a eu l'habitude d'entendre des phrases comme :
« Qu'est-ce que tu fais là, à rien faire, en train de lire ! »,ou bien, « Ce n'est pas la peine de lire le mode d'emploi, on n'y comprend jamais rien, c'est mal écrit ! », s'il n'a jamais vu ses parents lire par plaisir, si l'arrivée d'une lettre provoque à chaque fois inquiétude et plaintes, si la perspective d'avoir à écrire est reçue comme une corvée ou une angoisse, il y a gros à parier que l'enfant abordera l'apprentissage de l'écrit avec une appréhension telleque son acquisition s'en trouvera fortement gênée, voire bloquée
On peut donc dire que la première formed'aide à l'apprentissage de la lecture, c'est un certain type de « présence » de l'écrit à la maison et dans la vie quotidienne. Entendons-nous bien, il n'est nullement question des livres achetés par les parents, et dont nous savons bien qu'ils ne sont pas, loin s'en faut, à la portée de toutes les bourses. Il ne s'agit ici que des écritsutilisés, qu'ils soient achetés ou non, et qu'ils soient utilisés pour le plaisir ou pour l'action. Le facteur essentiel est l'utilisation, le caractère vivant de la chose écrite. Il est souvent préférable pour un enfant qu'il y ait peu de livres à la maison, effectivement lus par les parents, et dont ils parlent ensemble, que beaucoup, auxquels personne ne touche !
Cette présence de l'écrit se traduit de quatre manières...
Lire l'intégralité de l'article d'Evelyne Charmeux.
Pour que les enfants construisent leur responsabilité, il faut faire disparaître le système récompense/punition.
Ce titre a de quoi effrayer : depuis toujours on considère le système récompense/punition comme le cœur et le pilier majeur de toute éducation. Quand un enfant se conduit mal, on a coutume de dire qu'on a dû être trop gentil avec lui (" c'est un enfant gâté" !) et qu'il n'a pas été assez puni...
En fait, un tel système est au cœur du conditionnement, non de l'apprentissage.
Des chercheurs, comme H.Laborit, ont montré comment on modifie le comportement d'un animal en le punissant par une décharge électrique lorsqu'il se trompe de chemin et en le récompensant par de la nourrituredans le cas contraire. Et il est vrai qu'une partie de nos comportements est le résultat de conditionnements de ce type : avec A.Resnais, H.Laborit a superbement illustré cette théorie dans le film "Mon oncle d'Amérique".
Mais cela n'a rien à voir avec un apprentissage, qui est le résultat d'une construction volontaire et consciente de comportements compris et choisis. Eduquer, c'est permettred'accéder à l'autonomie, compagne incontournable de la responsabilité. Et la composante essentielle de l'autonomie, c'est la capacité d'analyse, de repérage des problèmes, de construction de solutions, de remise en question de ces solutions... Bref, c'est l'intelligence. Eduquer,c'est rendre intelligent.
Or, la punition qui apporte du déplaisir, comme la récompense quiapporte du plaisir, ne stimulent nullement l'intelligence, puisqu'il n'y a pas de liens entre ce qui a été commis et ce qui s'ensuit. Au contraire, elles détournent l'attention de ce qui a été fait, et installent une dépendance affective à l'égard de celui qui punit ou récompense, ce qui est absolument contraire à la notion de responsabilité.
L'objection souvent présentée est que la récompense doit être assimilée à un salaire.
Pas du tout ! Il s'agit là d'un amalgame particulièrement grave : le salaire est une conséquence normale de l'activité, faisant partie de celle-ci par l'intermédiaire d'un contrat, dûment signé et parfaitement clair.
En fait, il existe deux sortes de conséquences " normales" à une activité :
* D'une part, des conséquences naturelles ou logiques: si je casse une tasse de mon service en porcelaine de Limoges, la conséquence est que ce service va être dépareillé, et je dois accepter cette situation comme telle, ou chercher à acheter une autre tasse... sielles existent encore.
Autre exemple : j'ai bien préparé ma classe; les enfants ont été actifs, heureux, ils ont bien compris ce que je voulais leur enseigner ;ça me fait bien plaisir, et c'est normal. Je n'attends pas de récomprense pour autant : le plaisir suffit.
* Mais la conséquence peut être liée à un contrat préalablement défini. C'est le cas précisément du salaire,qui n'est pas une conséquence naturelle, mais sociale,et socialement définie, partie intégrante de l'activité. Cela n'a rien àvoir avec une récompense. De même, écoper d'un coup franc ou d'un penalty dans un match n'est point une punition, c'est une conséquence prévue, inscrite dans les règles du jeu, et cohérente avec celui-ci.
Récompense et punition n'ont rien de contactuel.Ce sont des dons arbitraires, dans ce que ce terme a de plus odieux. Elles tombent d'en haut pour rabaisser celui qui les reçoit : plaisir etdéplaisir y sont malsains et pervers. L'une comme l'autre ne peuvent que développer la roublardise, qui permet de commettre la faute sans être pris, ou d'obtenir la recompense sans l'avoir méritée. Et ce n'est pas la malhonnèteté du sujet qui provoque de tels comportements, c'est le système d'éducation qui les induit, sansqu'on s'en rende compte. Du reste, on a observé que la punition a même parfois pour résultat de légitimer la faute, voire de la provoquer : je peux faire ce que je veux puisque j'accepted'être puni. Il n'y a qu'à voir les armateurs qui préfèrent payer à l'avance l'amende pour pouvoir dégazer tranquillement en pleine mer...
Si l'on veut que les enfants accèdent à la responsabilité, il faut leur apprendre à assumer les conséquences normales de leurs actes. Leur jouet est cassé... eh bien tant pis ! Ils s'en passeront désormais. Cela suffit : pas besoin d'en rajouter et de détruire l'ambiance familiale par reproches et privations.
On objectera qu'il existe des cas où les conséquencesde la faute peuvent être graves pour les autres : impossible alors de "laisser passer". Mais dans ce cas, on voit mal en quoi une sanction pourrait être un remède... Empêcher la récidive ? Pas sûr du tout ! Non, la solution ici, c'est un contrat péalable, aux clauses claires et explicites passé avec les enfants, dans une réelle et rigoureuse négociation prévoyant des réparations, (et non des "punitions") toujours en rapport avec les conséquences de l'acte commis,dont les modalités ont été décidées ensemble et librement acceptées de part et d'autre.
Les choses étant fort semblables sur ce point avec les adultes, on pourrait peut-être y réfléchir comme alternative à la prison...?
Eduquer, c'est former des citoyens libres, dignes de ce nom, qui savent ce qu'ils font, pourquoi ils le font, et qui assumentleurs actes. Encore faut-il que les pratiques d'éducation ne soient jamais en contradiction avec cet objectif. C'est pourquoi, enseignants et parents doivent impérativement travailler ensemble, confronter leurs principes d'éducation, et s'assurer qu'ils sont convergents. Le travail d'éducation, à l'école comme dans la famille, n'aura jamais d'efficacitésans une réelle co-éducation parents/ enseignants.
Evelyne Charmeux
Comment réagir aux mauvais résultats scolaires de votre enfant ?
On ne répètera jamais assez l'importance pour la réussite scolaire des enfants, d'un climat de confiance sereine à la maison. Aucun enfant ne peut travailler sous le stress, et la peur. Et contrairement à ce qu'une tradition coriace laisse supposer, les menaceset la promesse de sanctions en cas d'échec n'a jamais aidé personne à réussir, ni les enfants, ni les adultes du reste.Un enfant ne peut réussir que s'il a confiance en cette réussite, et le rôle essentiel de sa famille, c'est de créer et maintenir un climat de confiance et de ressources, rassurant et chaleureux.
Les mauvais résultats scolaires ne doivent donc jamais donner lieu à des punitions. Quand un enfant rapporte des mauvaises notes, il est déjà bien assez malheureux comme cela, sans qu'on ait besoin d'en rajouter. Même s'il semble s'en moquer, il faut savoir que c'est toujours une forme de défense et qu'il en soufrfe en réalité beaucoup plus qu'il n'y paraît. Il faut accueillir les mauvaises notes avec à la fois, gravité (ne jamais les prendre à la légère), et tendresse.
D'abord et avant tout , il faut rassurer l'enfant sur le fait qu'on l'aime toujours. C'est ce dont il a besoin. Et puis, il faut étudier le problème, analyser la situation pour comprendre les causes du résultat,- que l'on n'assimilera jami à un échec -, mais à un accident de parcours, qui peut arriver à tout le monde, et dont il faut repérer les moyens de l'éviter à l'avenir.
C'est dire aussi que ce genre d'accident ne devrait jamais se répéter comme malheureusement, c'est trop souvent le cas. Je l'ai souvent dit à mes étudiants futurs enseignants : aucun élève ne doit être régulièrement en échec. C'est aussi pour cela quele travail doit être effectué très souvent en groupes, afin que la responsabilité du résultat soit toujours partagée (y compris quand il est bon : on fait autant de mal aux prétendus "bons", qu'aux prétendus "mauvais", quand on félicite l'auteur de résultat comme si ce résultat n'était dû qu'à ses propres qualités. Toute réussite est due, pour la moitié au moins à de la chance, - très souvent à celle d'être né dans unbon endroit !!! -, et pour ce qui est dû à du travail personnel, ce n'est jamais la personne seule qui en est responsable, mais les rencontres, et l'éducation reçue.
Chacun de nous doit presque tout à ceux qui l'entourent.Il ne faut pas manquer une occasion de le rappeler aux enfants, et de développer en eux le sens de la gratitude à l'égard des autres, et celuide la relativité de toutes choses.
Donc, en tant qu'enseignant, tout échec de mes élèves doit me remettre en question, et m'inciter à revoir ma façon de faire, et surtout à chercher le domaine d'excellence de tout élève en échec. Unmauvais élève n'est jamais un élève qui ne sait rien, c'est un élève dont l'école ignore ou méprise les savoirs. A moi de trouver ces savoirs et d'en faire, dans la classe, même s'ils n'ont aucun rapport avec le programme, une occasion de briller. Chacun sait bien quesi mon domaine de compétences est reconnu, j'accepte beaucoup mieux d'avoir des difficultés ailleurs, et même j'accepte beaucoup plus facilement d'avoir besoin d'apprendre dans ces autres domaines.
Et en tant que parent ? C'est précisément leur tâche, à eux qui connaissent ces domaines de compétences de leur enfant, que de la rappeler afin de lui rendre sa confiance en lui. Chercher comment l'aider ce qi n'implique pas forcément des cours en plus : on ne fait pas aimer les lentilles, à ceux qui les détestent, en doublant la ration!!
La plupart du temps, le seul moyen de remédier à un échec d'apprentissage, c'est de chercher d'autres approches, d'autres formes d'explication, bref, de s'y prendre autrement. Sans oublier surtout, de relativiser cet échec, en rappelant que ce n'en est jamais un. Une fausse note, un accident de parcours, - quel gand cuisinier n'a jamais raté une mayonnaise ?? Jamais quelque chose d'irrémédiable.
Et pour terminer sur un sourire, voici une superbe parabole : cette lettre publiée publiée sur le site: http://educpol.over-blog.com/
... à méditer par tous les parents enseignants ou non
(mais... surtout ceux qui sont enseignants - chacun sait qu'on a bien du mal quand on est enseignant, à être en même temps des parents convenables...! Merci surtout à son auteur de l'avoir diffusée... )
Maman chérie,
Je suis désolée de devoir te dire que j'ai quitté la maison pour aller vivre avec mon copain. Il est l'amour de ma vie.
Tu devrais le voir, il est tellement mignon avec tous ses tattoos et son piercing et sa super-moto.
Mais ce n'est pas tout ma petite maman chérie. Je suis enfin enceinte et Abdoul dit que nous aurons une vie superbe dans sa caravane en pleinmilieu des bois. Il veut beaucoup d'enfants avec moi, c'est mon rêve aussi.
Je me suis enfin rendu compte que la marijuana est bonne pour la santé et soulage les maux.
Nous allons en cultiver et en donner à nos copains lorsqu'ils seront à court d'héroïne et de cocaïne pour qu'ils ne souffrent pas.
Entre-temps, j'espère que la science trouvera un remède contre le sida pour qu'Abdoul aille mieux. Il le mérite vraiment tu sais.
Ne te fais pas de soucis pour moi maman, j'ai déjà 13 ans, je peux faire attention à moi toute seule et le peu d'expérience qui memanque, Abdoul peut le compenser avec ses 44 ans.
J'espère pouvoir te rendre visite très bientôt pour que tu puisses faire la connaissance de tes petits enfants.
Mais d'abord je vais avec Abdoul chez ses parents en caravane pour que nous puissions nous marier. Comme ça, ce sera plus facile pour lui pour son permis de séjour.
Ta fille qui t'aime.
P.S. Je te raconte des idioties maman, je suis chez les voisins !
Je voulais juste te dire qu'il y a des choses bien pires dans la vieque le bulletin scolaire que tu trouveras sur ta table de nuit. Je t'aime.
La place de la parole de l'enfant
Tais-toi, tu n'as pas la parole !
Un enfant bien élevé ne parle que si on l'interroge
C'est un enfant beaucoup trop bavard pour réussir en classe
C'est un enfant insolent, et qui répond !
Lequel d'entre nous n'a pas entendu, dans son enfance, ces jugements péremptoires, dans la bouche des adultes chargés de son éducation ? Et, qui parmi ceux-là ne ressent pas encore, des années plus tard, le pincement lourd d'une révolte rentrée, bâillonnée ?
On objectera que les choses sont différentes aujourd'hui, et que de tels propos ne s'entendent plus guère. Pas sûr ! Le bavardage est toujours aussi mal vu à l'école, et le fait de "répondre", reste symbolique des comportements inadmissibles d'une jeunesse dépourvue de toute éducation.
L'enfant pourtant, même très jeune, a droit à la parole et il a besoin de répondre à ce qu'on lui dit. Maiscette nécessité, dont nous sommes tous aujourd'hui conscients, se heurte, pour les adultes, parents et enseignants, à certaines difficultés, qui expliquent que l'enfant, malgré nos bonnes volontés, nesoit toujours pas écouté comme il le faudrait.
Le premier problème vient de ce que la prise de parole est toujours une prise de pouvoir, et que beaucoup d'adultes, consciemment ou non, ne tiennent pas à partager le leur. Il faut pourtant bien admettre qu'un enfant n'est pas un objet que l'on façonne à son gré. C'est une personne à part entière, qui se construit, en partie grâce à nous, mais aussi parfois contre ou malgré nous...
La richesse désordonnée, anarchique, de l'environnement d'aujourd'hui, fait fonctionner l'intelligence de l'enfant beaucoup plus tôt que jadis, et suscite interrogations et hypothèses, qui doivent être exprimées pour ne pas devenir dangereuses.Tout ce qui se passe dans la tête d'un enfant, il faut, comme dit la sagesse populaire, que ça sorte ! Donc, commencer par permettre à l'enfant de dire, et de se dire, sans filtres ni interdits, et, selon laformule de J.Salomé : " oser accepter l'idée que tout enfant a un savoir ".
Le deuxième problème, c'est l'écoute que l'on offre àcette parole. Et sur ce point, les résultats ne sont guère fameux : les soucis, le travail, la fatigue, nous rendent bien peudisponibles. Il est pourtant essentiel de se ménager des moments d'écoute et d'échanges avec eux. Les enfants en ont besoin. Mais contrairement à ce que l'on croit parfois, les questions posées n'attendent pas forcément une réponse sur la question : ellessont posées pour créer le contact et s'assurer qu'on les écoute et qu'on les aime. " Le questionnement des enfants est souvent une amorce à un échange espéré " (J.Salomé).
C'est vrai, les enfants espèrent des échanges avec les adultes... Mais il faut savoir que s'ils ne les obtiennent pas quand ils sont petits, ils nous les refuseront plus tard. La parole du tout petit conditionne celle de l'ado qu'il deviendra.
Ça mérite qu'on y réfléchisse un peu.
Evelyne Charmeux (1999)
1- Dans un ouvrage très agréable à lire, au titre superbe "T'es toi quand tu parles" par Jacques Salomé, Éditions Albin, 1991.
Co-éducation et parentalité partielle
Séminaire inter-partenarial sur la famille du 4 décembre à Bordeaux, par Bernard COLLOT1[1], Centres de Recherches des Petites Structures et de la Communication
Ce que je vais pouvoir vous dire, vous le savez tous et je ne vous apprendrai rien. Je me propose de schématiser et de grossir volontairement les traits pour simplement placer une problématique.
Puisqu'il s'agit de co-éducation et de parentalités partielles, parmi toutes les
définitions possibles, je prendrai celles-ci qui relient les deux termesde notre
problématique, éducation et parentalité : Education. Je me saisirais de la plus simple, que l'on peut appliquer à toutes les espèces du monde animal auquel nous appartenons : Ensemble d'actions, de
dispositifs qui amènent l'enfant à l'autonomie dans l'environnement où il aura à évoluer (société), avec un plus pour l'espèce humaine : lui donner aussila capacité d'agir sur cet environnement, que ce soit sur l'environnement physique, matériel, ou sur l'environnement relationnel. L'éducation, prise dans cesens, aboutit à la séparation.
Cette autonomie s'acquiert par la construction des langages, langages compris comme outils neurocognitifs permettant d'appréhender, d'interpréter des informations, de construire des représentations et d'en produire. L'homme n'est que langages disaient LACAN et POPPER, et le monde dans lequel il vit n'est que la production de ses langages. Cela peut paraître très technocratique, maisce sont bien les deux premiers langages fondamentaux que l'enfant construit danssa
famille : le langage verbal oral et la marche bipède.
Il peut paraître curieux que je considère la marche bipède comme un langage.
Lire l'intégralité de l'intervention.
Les logiques parentales,Jean BERNARDIN (ESCOL Paris 8 / GFEN)
A/ L'implication parentale dans l'éducation,ses effets
1) Un constat : la famille est la premièresource de savoirs
C'est ce que révèlent les études réalisées en ZEP depuis les années 90 par Bernard Charlot et l'équipe ESCOL (Paris 8), auprès de jeunes de collèges, de lycée, mais ausside l'élémentaire.
Dans 80 % des « bilans de savoir » réalisés, la famille est présente à travers au moins d'un de ses membres (alors que l'école est absente d'un tiers des bilans de savoir !) :
- la famille est citée de façon très personnalisée (père,mère, sœur...)
- la famille élargie (grands-parents, oncles, cousins...)apparaît dans 20 % des cas ;
- la mère est le personnage central qui assure les apprentissages (marcher, manger et boire, parler, s'habiller, se laver, jouer, dessiner), au-delà même des savoir-faire domestiques ;
- les parents sont régulièrement cités à propos d'apprentissages de type scolaire.
Ces bilans mentionnent des apprentissages très variés, au sein d'un réseau familial richeen occasions d'apprendre, confirmant d'autres recherches (Europe, Etats-Unis,Canada) : contrairement aux idées reçues, les familles populaires accordent de l'importance aux apprentissages scolaires et essayent d'y contribuer.
Si la famille initie à certains apprentissages, elle contribue également à l'édification de repères, de manières d'être et de faire qui influent sur le développement de l'enfant.
Lire l'intégralité de l'article.




