"Comment motiver les élèves, les étudiants, les stagiaires...
un thème récurrent, obsédant, important pour bien des enseignants et des formateurs. La motivation intervient partout, dans l'apprentissage des disciplines, le décrochage scolaire, l'orientation...
C'est, par exemple, en se préoccupant préventivement de la motivation des élèves qu'on peut éviter l'absentéisme des élèves mieux qu'en s'en préoccupant par la suite.
Mais les conditions de cette motivation des élèves, des étudiants et des stagiaires sont aussi sources de bien des illusions et donc de désillusions
Les 7 principes de la motivation des élèves
La motivation est "interne" ou "externe" à l'élève. La motivation externe est connue, elle se réduit à " la carotte ou le baton", les bonnes notes et les punitions, c'est la méthode de dressage des animaux...et il ne faut pas oublier que l'homme est un animal! ... Mais pas seulement! Ce qui le différencie de l'animal c'est son imaginaire. La motivation interne s'appuie sur cet imaginaire.
Lire la suite.
|
Récompenser, c'est punir.
Offrir un prix en récompense d'un acte revient à dire que cet acte
n'a aucune valeur en lui-même.
De plus en plus de personnes3 prennent conscience qu'apprendre,
agir ou vivre sous la menace d'une punition est certes désagréable, mais
également peu efficace, voire contre-productif vis-à-vis de ce qui était
attendu par le « punisseur ».
Aussi suis-je tenté de substituer à la coercition, le renforcement
positif - en éducation, comme en matière de ressources humaines : la « carotte
», au lieu du « bâton ». Bien que les récompenses s'opposent aux punitions,
elles apparaissent, toutes deux, à la réflexion, comme les deux faces d'une
même médaille - comme bien souvent, dans le cas d'oppositions apparentes. Le
raisonnement sous-jacent, en effet, reste le même : « fais ceci et tu recevras
cela » - la distinction ne porte alors que sur la nature du « cela »,
réjouissante, dans un cas, douloureuse, dans l'autre.
Au fond, la récompense (tout comme la punition) n'est qu'un autre
aspect du contrôle que j'exerce sur l'autre - ou, si je la reçois, de l'autre
sur moi. En outre, la récompense agit souvent comme une punition : lorsque je
n'obtiens pas le résultat qui devait la déclencher. J'ai pourtant travaillé
très dur et je suis puni en ne recevant pas la récompense attendue (la moto, le
diplôme, la considération, l'amour...).
Offrir un prix ou une récompense, c'est encore, ne permettre, le
plus souvent, qu'à un seul de l'obtenir. Le message central est celui de toute
compétition : les autres sont un obstacle à mon propre succès.
« Diviser pour régner », c'est un peu la devise implicite de
l'évaluateur, du distributeur de récompenses. Récompenser, c'est donc instiller
et installer la compétition plutôt que la coopération. C'est aussi me faire
penser, si je n'obtiens pas de prix, que je suis « inférieur » ou « incapable
». D'un autre côté, travailler pour une récompense, c'est travailler pour un «
supérieur » (professeur, parent, patron, gouvernant...) et non pour moi - et cela
ne facilite, ni n'embellit, ma relation à ces personnes.
Ainsi, les récompenses abiment la qualité des relations.
D'autre part, elles centrent
l'attention sur le résultat et non sur les raisons ou les cheminements
- de ce qui se colore, en outre, comme un « échec » ou une « réussite ».
Elles augmentent, dans le même temps, la subordination, voire l'aliénation.
Lorsque je travaille pour une récompense, je suis encouragé à
faire exactement ce qui est nécessaire pour l'obtenir et rien de plus. Je ne prends
pas de risques, ni ne vagabonde ou n'innove. Je cherche à me conformer à ce qui
est attendu de moi et, ainsi, je me dessaisis de ma responsabilité, voire de ma
personnalité. Les « éducations », quelle que soit leur forme (écoles, familles,
médias, politique, travail, associations...) ne sont guère plus, au fond, qu'un
encouragement à ne pas penser par moi-même, à ne pas prendre de risque, mais
plutôt à fournir ce qui est attendu par l'« éducateur » - fût-ce
de paraître « autonome », « créatif »...
« Fais ceci et tu obtiendras cela » : que je le
demande ou que je le subisse, que ce soit à la maison, à l'école, au travail, à
la télé, dans la rue... centre l'attention et le travail sur le « cela »
(salaire, note, considération...) et non sur le « ceci », sur ce que
je fais ou sur ce que je suis...
Alors, est-ce que les récompenses sont une puissante motivation ?
- Bien sûr ! Elles sont une puissante motivation à obtenir des
récompenses.
Jean-Pierre Lepri, fondateur du Cercle pour une Education
authentique.
|
|