Compétition et coopération


» Réseaux d'échanges réciproques de savoirs

Claire Héber-Suffrin , mis en ligne le 9 juin 2010. 

Une pratique A Orly, l'objectif était de permettre l'accès de chacun à un maximum de savoirs, de construire des situations où chacun serait, à la fois, celui qui bénéficie de cette chance et celui qui la donne à d'autres. Pour l'enseignante que j'étais, il s'agissait de refuser les catégories appliquées à un grand nombre d'enfants et de leur famille, " échecs scolaires ", " familles défavorisés " et " quartier difficile ". Comment peut-on aider des enfants à apprendre sans s'appuyer sur leurs savoirs - preuve qu'ils ont déjà été capables d'apprendre -, sans reconnaître leurs familles, sans considérer les collectifs dans lesquels ils vivent. Comment leur enseigner si on casse leur (...)

» Apprendre à vivre ensemble à l'école

Charles Rojzman Théa Rojzman, mis en ligne le 2 juin 2010. 

Le rôle de l'école Après la révolution culturelle des années soixante dix et l'apparition des premiers principes issus des pédagogies nouvelles, on a nourri l'illusion que nombre d'expériences innovantes avaient été « essayées » dans les écoles. Cette illusion inspire un discours récent arguant du rôle exclusivement scolaire de l'école : « l'école est là pour transmettre un savoir, point final », « les enseignants ne sont pas des éducateurs, ce n'est pas leur rôle », « chacun sa place, chacun son rôle, on ne va pas faire le boulot de l'assistante sociale ou de l'éducateur spécialisé ». Si certains enseignants contestent aujourd'hui la mission « éducative » de leur fonction, si (...)

» Le quotient relationnel

Olivier Clerc, mis en ligne le 31 mai 2010. 

Le quotient intellectuel (Q.I), tout le monde connaît. Il fut un temps où l'on vénérait ce score, quand il était élevé, avant de réaliser qu'intellectualisme et intelligence sont deux choses différentes. Depuis peu, on parle aussi d'intelligence émotionnelle (Q.E) ; le cœur et les sentiments ont ainsi retrouvé droit de cité dans ce monde hyper-intellectualisé. Si Q.I et Q.E ont tous deux leur importance, un troisième paramètre mérite aussi d'être mis en évidence : le quotient relationnel (Q.R.), c'est-à-dire l'art de nouer et de préserver des relations mutuellement enrichissantes, ainsi que la capacité de gérer les désaccords et les situations conflictuelles autrement que par la (...)

» Un programme pour le millénaire : développer le quotient relationnel

Olivier Clerc, mis en ligne le 30 mai 2010. 

Il y a vingt ans, quand j'ai quitté le lycée, bac en poche, je me suis dit : « J'ai appris le superflu mais pas le nécessaire ». Constat lapidaire et bien entendu excessif, tel qu'on en fait à cet âge, qui traduisait sans nuances ma prise de conscience que si j'avais étudié le latin, le grec, les mathématiques, la longueur du Nil, la superficie de la France et les protozoaires, on ne m'avait en revanche strictement rien enseigné sur la façon de réussir sa vie et en particulier ses relations. Malgré les recommandations de Montaigne, j'avais une tête « bien pleine » - trop pleine - plutôt que « bien faite », mais surtout un cœur atrophié, comme un muscle qu'on n'utilise pas assez (...)

» L'éducation humaniste

Jacques Lecomte, mis en ligne le 23 mai 2010. 

Les conceptions humanistes de l'éducation sont déjà anciennes. Des éducateurs tels que Comenius, Pestalozzi, Jean Bosco ou, plus près de nous, les représentants de l'Ecole nouvelle ont incarné ce regard positif porté sur les jeunes et ont souligné l'importance d'attitudes telles que l'empathie, la coopération, l'entraide, etc. Il y a trois ans, un ouvrage collectif réunissant 25 auteurs a ranimé cette flamme, arguant du fait qu'il était nécessaire de changer radicalement de cap pour que puisse se développer une véritable « éducation humanisante »1. Dans son introduction, Armen Tarpinian estimait indispensable de « s'interroger sur la capacité de l'école à transmettre des valeurs (...)